Guy Gantier : " Pour moi, c'est l'engagement ultime "

Faire du mécénat de compétences est une "chance" pour Guy Gantier. Engagé auprès de l'UNICEF 76, il intervient principalement en tant que chargé d'activité des entreprises partenaires de l'association. Entretien.




Pourquoi considères-tu que faire du mécénat de compétences, c'est une chance ?


Ça me permet d'accomplir une fin de carrière au service des enfants, c'est un thème qui me tient à coeur. Je suis impliqué dans diverses structures associatives depuis les années 90, j'ai également fondé l'association Ed O Sénégal en 2006. J'ai donc déjà une certaine habitude du milieu associatif. Étant à moins de trois ans de la retraite, j'ai appris que je pouvais faire du mécénat de compétences et je suis entré dans la démarche.


En quoi consiste cette démarche concrètement ? Quelles sont tes missions ?


J’interviens principalement sur l'action “Entreprises Amies de l’UNICEF” (E.A.U). Mon but c'est de développer le nombre d’entreprises qui accepteraient de souscrire pour devenir donatrices.


Comment as tu appris que tu pouvais faire du mécénat de compétences ?


J’ai commencé par rencontrer des gens de l’UNICEF 76 en évoquant la possibilité de faire un mécénat chez eux, ils bénéficiaient déjà de ce dispositif. Convaincus de son intérêt, j'ai rapidement eu leur accord pour m'investir. Je me suis ensuite rapproché d’AXA France, là où je travaille, pour constituer mon dossier au niveau des RH, puis d’AXA Atout-coeur (association ayant pour but d’engager les collaborateurs et Agents Généraux d’AXA au service de la société autour d’actions solidaires).

Pour devenir un acteur du mécénat de compétences il faut passer devant un jury afin qu'il vérifie la solidité de mon dossier et de ma motivation.


Qu’est-ce que ça t’apporte personnellement ?


J’étais déjà impliqué dans le milieu associatif. Je consacrais un mois de mes congés payés pour faire de l'humanitaire au Sénégal, au bénéfice de l’association que je préside aujourd’hui.

J’avais donc déjà dans mes gênes l'envie de donner pour une action humanitaire. Le mécénat de compétences m’a donc paru comme une évidence et je remercie particulièrement AXA de s’impliquer autant sur ce dispositif. Ils sont à l’écoute et nous donnent toutes les informations liées au statut de “mécène acteur”.

En passant du statut de salarié au statut d’acteur du mécénat de compétences, je bénéficie d’un véritable aboutissement de carrière. C'est important pour ma vie personnelle également. Mais c'est quelque chose que je n’aurais même pas imaginé il y a quatre ans !


Tu prends ça comme une reconnaissance ?


Oui bien sûr. Grâce à l'UNICEF, je suis devenu porte-parole des enfants qui n'ont pas forcément leur place ou leurs droits dans certains pays. Pour moi, c'est l'engagement ultime et je pèse mes mots.


Admettons que je sois un salarié qui vient de découvrir le mécénat de compétences mais qui n’a jamais mis un pied dans l’associatif. Quel serait ton message pour m’encourager à passer à l’action ?


Dans un premier temps, il faut partir à la découverte des associations de ta ville ou de ton département afin de repérer ce qui t’intéresse. Si tu te dis, “ la cause que je soutiens est suffisamment forte pour créer un engagement total de ma part ”, alors tu peux te lancer. Le mécénat de compétences peut être envisagé comme étant l’aboutissement d’un travail sur soi-même en termes de disposition à aider les autres. De ce fait, j’aurais tendance à penser que l’expérience ne peut être que positive.


"Citizens est pour moi une nouvelle façon de communiquer sur les opportunités de bénévolat et de mécénat"


Selon toi, quel est l’intérêt de l'entreprise à permettre à ses salariés de s’engager socialement ?


AXA est une entreprise très investie dans la RSE. Le fondateur Claude Bébéar avait posé les bases de ce devoir vis-à-vis de la société, il a orienté ses salariés pour qu'ils s'engagent de manière citoyenne via la fondation Atout-coeur. Plusieurs fois par an des propositions sont faites aux salariés pour qu'ils s'engagent. AXA Atout-coeur anime aussi régulièrement sur ses sites des événements qui permettent de faire de la collecte de fonds sur des causes définies.


Les entreprises devraient elles s'inspirer du modèle d'AXA, pour qu'elles s'engagent ?


Aujourd'hui, il est nécessaire que les entreprises s'investissent pour l'intérêt général en se tournant vers les associations, même si elles ne font pas nécessairement du mécénat, il y a d'autres manières d'orienter ses salariés pour qu'ils s'ouvrent sur la société. Sinon, comment créer un monde meilleur ? Les particuliers ne peuvent pas être que des bénévoles, les entreprises ont besoin d’eux pour accomplir le travail mais ce sont aussi des citoyens. Il faut leur donner un éclairage sur le monde associatif.


Que pense tu de Citizens, qui contribue à créer du lien entre les associations et les entreprises au niveau local ?


Je pense que c’est une démarche très créative, à ma connaissance quasi inédite. Cela peut permettre au tissu local, j'englobe entreprises, institutions, citoyens, à faire valoir l'engagement citoyen. Tout le monde peut faire individuellement des actions solidaires. Si tu as trois heures à consacrer tous les samedis, c’est un moyen de trouver facilement comment aider une association. Citizens est pour moi une nouvelle façon de communiquer sur les opportunités de bénévolat et de mécénat.


Dans quelle direction il faut aller pour créer un élan positif autour de cet engagement là ?


Je pense que toute personne doit s’interroger sur l'utilité de ses actions. J’ai pour conviction que chacun doit viser à être meilleur tous les jours.


Devenir une meilleure version de soi-même ?


Oui, ne pas être le meilleur des autres, mais être meilleur pour soi-même, chaque jour, pour une vie plus accomplie. Si tout le monde cherchait à être meilleur un peu plus tous les jours, je pense que ce monde irait beaucoup mieux.


Pierre Hascoët

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